Je savais, pour bien connaitre le coin et avoir reconnu le parcours, que cette course allait être dure et belle.
Mais quand en plus un comité des fêtes des plus festifs et des trailers pratiquants s'allient pour organiser, cela donne un superbe résultat.
Le matin, en roulant vers Roquefort les Cascades, je ressens quelques vagues d'émotion significatives de mon plaisir à pouvoir faire cette course, moi qui coincé par l'organisation ne peut pas participer aux Citadelles. Les parties communes aux deux épreuves sont assez courtes et ils ont par contre déniché de superbes sentiers dans tout ce secteur.
Sur place je retrouve une très longue liste de copains et de connaissances, l'ambiance est excellente. Mais il ne s'agit pas que de causer, il faut aussi penser à s'échauffer. Ce que je fais à peu près correctement pour cette course où je souhaite performer.
Le temps que tout le monde rejoigne le site de départ devant les cascades, le départ est donné à 9h35.
Bonne nouvelle, ça part à une allure raisonnable. Après avoir étudié la liste de partants, je sais que le Top10 sera très difficile à atteindre. On verra bien, je vais tout donner.
Après un bout de route et déjà une jolie bosse, on attaque les sous bois sur un monotrace. Je suis approximativement dans les 10, tout le monde court sur ces premières montées, tout va bien.
Derrière le futur troisième.
Toute la première partie qui nous mène aux ruines de l'ancien château présente déjà un fort dénivelé. Le rythme est toujours très bon, quelques gars me passent, je suis plus ou moins avec Stéphane, en courant ou marchant vite, selon la pente.
Suit une légère descente puis un sentier un peu rocailleux qui chemine sous de grandes falaises. Soyons honnêtes, concentré sur mon effort je n'ai pas vu grand chose, ni là ni plus loin. Heureusement j'avais pu profiter des paysages durant la reconnaissance que j'avais effectuée.
Fin de la petite crête technique, un saut sur la piste depuis un rocher où est posté un bénévole et c'est parti pour une partie bien roulante avalée à vive allure.
On quitte rapidement la piste pour une nouvelle grosse montée. Tout va toujours bien, les côtes dynamiques et les descentes, où j'arrive à assurer pas mal.
J'arrive ainsi à la traversée de la route, quelques mètres devant Stéphane, toujours à fond.
Comme diraient les Tarnais, on n'est pas venus pour acheter du terrain.
Suit une remontée sur route où Stéphane me rejoint. Un bout de sentier, un chemin, et on arrive ensemble au premier ravito, aux Monges. Le temps d'avaler un demi Coca et c'est reparti.
Arrive derrière une nouvelle côte. Chacun son style, Stéphane court et en marchant vite je le tiens presque. Devant nous, Hervé Piton n'est pas loin. Etre derrière ces deux là est gratifiant, je peux être content de ma course, même si peu à peu Stéphane va s'éloigner pour aller chercher une belle 6ème place.
Moi je suis énervé car derrière moi j'ai aperçu un coureur avec un chien, aide non négligeable puisqu'il le tracte en montée. N'ayant plus personne en point de mire, le fait que ce coureur ne me rejoigne pas est mon moteur pour avancer. Un nouveau ravito avec un demi Coca et un Tuc, avant d'attaquer quelques parties en sous-bois, avec une belle surprise puisque un chemin à vaches très pénible à courir a disparu au profit d'un petit sentier.
Et puis vient le moment de basculer sur le versant sud au-dessus de Leychert. Pour ceux qui ont le temps de regarder, la vue est magnifique sur la plaine, le Fourcat et le St Barth.
Mais mon regard est plutôt sur le sentier descendant car j'essaie toujours d'envoyer un max, même si évidemment je suis moins frais qu'au début. Je prends un nouveau verre de Coca à Leychert avant d'aborder le sentier montant, toujours en courant. Bifurcation à droite puis un joli sentier roulant avec Roquefixade en vue.
Sur la fin du sentier en balcon, le coureur et son chien sont juste derrière moi et me passent quand on arrive sur la piste. Ca m'énerve toujours mais que faire ? J'espère qu'il n'ira pas me piquer une place sur un éventuel podium V1.
Pour le moment, sur le chemin étroit on se retrouve ensemble coincés derrière un tracteur. Heureusement l'agriculteur est sympa et s'arrête, le temps qu'on se glisse entre le talus et sa roue. Puis le duo canin s'éloigne, n'en parlons plus.
Vient maintenant la célébrissime montée sur le château de Roquefixade, la première fois que je la fais en course. C'est raide, mais finalement ça passe assez vite.
Je prends le temps de me retourner pour admirer ce magnifique panorama. Ca me permet aussi de voir qu'il y a un coureur très près de moi et une dizaine en contrebas. Pas trop le droit de faiblir...
Après la large crête, j'enchaine avec la descente. Les parties qu'ils ont choisies sont supers, de jolis sentiers descendants, souples et en sous-bois. Je les dévale à fond, avec le bruit d'un poursuivant juste derrière.
Un bénévole croisé m'annonce 13ème. Pas mal.
Mais la suite de la descente est moins simple avec quelques cailloux et je me fais doubler par deux coureurs. Top15, ça va toujours.
Je dévale toujours et à l'approche de Roquefort le coureur aperçu au château, tatoué et torse nu, me dépasse et s'éloigne. 16ème.
Me voici aux cascades qui malheureusement ne coulent pas. Un salut à Robert, organisateur historique des Citadelles, et j'attaque la montée dans la verdure.
Je me trompe un peu dans ce labyrinthe vert et le coureur qui me suit m'appelle, tout en me passant. 17ème...
La pente est très raide pour passer au-dessus des cascades et rapidement je le double et creuse une petite avance.
Je suis persuadé qu'il va me reprendre dans la descente, mais je l'aborde à fond et augmente mon écart. 16ème à nouveau.
Il faut maintenant rejoindre le village par la route. Le gars des cascades est loin derrière et le coureur torse nu pas très loin devant. Je ne sais pas si je l'aurais, mais je vais forcer jusqu'au bout.
Je reviens peu à peu sur lui et au bas de la dernière montée, énorme, il s'arrête en se tenant le mollet, pris par une crampe.
Je lui glisse un mot en passant mais ne m'arrête pas, je tiens mon Top15 ce n'est pas le moment de jouer l'Abbé Pierre.
Je grimpe la dernière côte en trottinant, puis en marchant sur la fin car elle est vraiment raide. Mais le public est là, m'encourage, alors je me remets à courir. Le temps de traverser la route et c'est l'arrivée.
Je suis vidé mais bien content de cette quinzième place, avec ces 18km et 950md avalés en 1h51.
Après un bon ravito, je repars avec ma bouteille de St Yorre pour voir les copains galérer dans la dernière montée. Il fait beau, l'ambiance est chaleureuse et la bière coule à flots autour de la buvette.
On assiste à la remise des prix, une fois la dernière arrivée, avant de passer à table pour un très bon petit repas, le tout pour une somme vraiment raisonnable. Du pur esprit trail, d'un bout à l'autre de la course et de l'organisation.
Pour ceux qui n'ont toujours pas compris ce qu'est l'esprit trail, désolé je ne peux rien pour vous.
Que dire en conclusion ? J'attendais impatiemment cette course dont j'avais eu envie dès qu'on m'avait parlé du projet. Il y avait tout pour faire une belle épreuve et la chaleureuse équipe d'organisation a su mettre en place tout le nécessaire pour en faire une grande réussite. Parcours, cadeaux, ravitos, grandiose après course, tout était parfait. Du pur plaisir.
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Post scriptum : j'en ai pas mal parlé avec les copains blogueurs et il est vrai que tenir un blog demande du temps (photos, écriture), beaucoup plus que de mettre quelques photos et trois lignes sur Facebook.
Sur Facebook, le résultat est immédiat, des "J'aime", quelques phrases et on sait qu'on a bien "bossé".
Ici, à l'inverse, les commentaires se font de plus en plus rares et même si je sais que les lecteurs existent pour les croiser en vrai, l'absence de retour par rapport au temps donné peut décourager.
Alors pour une fois, si vous le pouvez, prenez quelques minutes pour mettre un mot, que je sache qu'il y a une vie derrière l'écran. Et ne vous inquiétez pas si votre message ne s'affiche pas aussitôt, je dois le valider pour éviter les spams.
Et à bientôt en vrai sur les sentiers.














