mardi 8 mars 2011

- Le Trail de Fontfroide ou les aventures d'un touriste en quête de lumière






Le Trail de Fontfroide ou les aventures d'un touriste en quête de lumière

J'ai abordé ce weekend comme un long tunnel, dans le noir, un peu perdu, cherchant ma voie et espérant trouver une belle lumière au bout.
Rien de prévu, je suis totalement libre et ce peut être parfois pesant. Mon sac est prêt, les chaussures aussi et j'ai mon kit de survie avec moi (quelques conserves et autre Nutella), mais où aller ?



Virtuellement, je suis un moment parti du côté de Vielha, pour préparer les courses espagnoles à venir et surtout l'objectif 2011, la Vuelta al Aneto. Mais il y a trop d'inconnues, la météo, les sentiers à suivre, l'état de la neige. Le risque d'un weekend seul et déprimant est aussi là.
Finalement l'évidence se fait, j'irai à Fontfroide.

Le soleil sera là, les connaissances aussi et il suffira que je fasse la course cool, l'appareil photo à la main, afin d'arriver en forme maximale au Trail des Pieds Cloutés une semaine plus tard.




J'arrive sur place le samedi en milieu d'après midi et pars footinguer sur le parcours, le reflex à la main. En face de moi le Canigou se cache mais la mer est bien présente sur la gauche.
De retour au campement, je sympathise avec mes voisins en vrais camping car puis prend un petit repas dans la 306 hôtel restaurant.

Je vais ensuite marcher un peu dans la nuit tombée et ces quelques pas m'inspireront les premières lignes de ce récit. Je reviens un peu plus tard, me demandant qui prend encore le temps de marcher une demie heure en regardant les étoiles qui brillent dans le ciel.






La course


La nuit n'a pas été mauvaise et la journée s'annonce très belle sous le soleil. Après m'être inscrit, je monte un mini stand de présentation du Trail du Pays de Sault, organisé par un copain. Beaucoup de prospectus rejoindront bientôt ma table de magicien où certains ont plutôt vu une table de messe d'enterrement…




Comme prévu, je rencontre avec plaisir de nombreuses connaissances avec qui j'échange quelques mots. L'heure du départ approche et certains s'étonnent de me voir en "civil", vraiment pas prêt pour l'échauffement.
A dix minutes du départ, serein, je vais enfin m'habiller avant de m'aligner au milieu du peloton, l'appareil photo à la ceinture. Ce sera donc bien une course sans compet, une longue balade.











Même combat avec Christelle : prêts au dernier moment et zéro échauffement.



Béa avait gagné ici en 2010. Aujourd'hui elle est à l'arrêt, toujours blessée.




Pas de bataille prévue avec Benoit, la revanche sera pour une autre fois.




Devant ça semble partir vite et rapidement je vois au loin les premiers sur les hauteurs. J'ai un rythme tranquille, je démarre de toute façon à froid.











Je fais un bout de chemin avec Christelle, elle aussi en sortie longue, en préparation de la 6666 Occitane.






Puis je m'éloigne devant et croise Gaëtan, lui aussi en touriste photographe qui suit sa copine.






Je parle pas mal avec mon voisin tarnais et camping cariste, qui plus est fervent lecteur de Sentier Libre. Il semble content de partager ces quelques foulées avec moi qui suis en général à fond, pas très loin des premiers.
Et je prends le temps d'apprécier les pistes roulantes et les monotraces qui serpentent dans les bois.











Puis on attaque la montée dans la Combe d'Enfer, passage technique au milieu des rochers. Il y a un an, c'est ici que je m'étais cramé en voulant trop donner, trop tôt dans la course. Là je me promène, au rythme de ceux qui me précèdent.








Le sentier se poursuit par une raide montée où certains peinent pas mal.
On enchaîne avec le tour d'un gros bloc rocheux et je prends le temps de m'arrêter et d'admirer les paysages. Au loin je vois une croix sur un rocher, certainement celle de Fontfroide, qui semble encore bien loin.
















La course se poursuit par une longue piste, avec le Canigou en fond d'écran.






Ensuite un chemin piégeux puis une légère descente nous rapprochent de l'Abbaye de Fontfroide. Je m'arrête pour prendre quelques photos puis continue en admirant les vieilles murailles.
On aborde ensuite la montée vers la croix, entrecoupée du ravito où je m'arrête. Je déguste un coca avec du pain d'épice quand un coureur qui doit me connaître me dit "T'es déjà redescendu toi non ?" sur le ton de la plaisanterie.



Je monte facilement, c'est à la fois bizarre et grisant de voir la différence de rythme avec mes voisins qui peinent ou respirent bruyamment. Ce passage est toujours aussi sympa, on prend le temps de saluer ceux qui redescendent, comme mon voisin tarnais et Luisa qui joue les premières places.










Je croise aussi Marika et quelques autres coureurs ariégeois. Puis je redescend tout en souplesse, toujours en saluant ou en prenant des photos de ceux que je croise.










Arrive un des monuments de ce trail, le raide sentier du coupe feu. Ce sera le seul endroit où je me défoncerai un peu en effectuant une grosse montée, les mains sur les cuisses, doublant tout le monde et relançant dès le retour sur la piste.





Je dévale ensuite prudemment de l'autre côté avant de dérouler tranquillement sur les pistes qui suivent.



Au bout d'un moment je rattrape Luisa et mon voisin tarnais, en pleine stratégie : ils suivent de très près la première fille et ne savent pas si ils doivent l'attaquer maintenant ou attendre. Je les laisse à leurs réflexions et file devant, continuant à discuter au gré des rencontres.



Pendant ce temps, Max remporte brillamment la course.









J'arrive...



Peu après arrive la dernière côte qui mène au poste à gaz. En fin de course, beaucoup n'ont plus de jus et marchent dès que la pente se relève un peu.




Plutôt frais, j'effectue toute cette partie en courant, m'arrête saluer la photographe avant de dérouler jusqu'à l'arrivée.



Luisa qui peine, mais qui va remporter la course.



J'en termine en 2h21, un peu étonné du faible écart de temps par rapport à 2010 où à fond, j'avais mis seulement 21 minutes de moins.




Je reçois le joli sac donné aux arrivants avec le panier repas, puis repars un peu sur le parcours voir les coureurs, dont Francis tout sourire pour sa première course après quelques mois d'arrêt dus à une blessure.





La suite est comme d'habitude très conviviale à Fontfroide, où tout le monde grignote et se repose sur l'herbe, en assistant à la remise des prix et au tirage au sort sous le soleil.
La journée fut parfaite et le moment du retour vint finalement trop vite.
Mais le touriste qui cherchait la lumière l'a trouvée, tellement resplendissante qu'il en est revenu bronzé.



J'adore partir, mais je déteste ranger au retour...


***


Un salut à toutes celles et ceux que j'ai croisé là bas et qui ont contribué à faire de ce weekend un nouveau grand moment.


10 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut Michel,
j'ai eu le plaisir de te saluer le samedi en installant mon van sur le parking camping car. Mais etant reserve de nature, je n'aui pas osé aborder et te féliciter pour tes récits qui sont très prenant quelque soit ton objectif (un podium ou un photographe...).
A la nuit tombée, j'ai même dit à ma femme "il doit vraiment être difficile de dormir dans sa 306"!
Pour ma part aussi la course n'a pas été la même que l'an dernier. Pour souvenir, j'avais partager les derniers mètres en srpint à tes côtés...
du coup je mets aussi 14 min de plus que l'an dernier. Un jour "sans" peut être mais surtout pas assez préparer pour améliorer mon chrono. Il ne me reste plus qu'à reprendre mon entrainement pour me faire plaisir aux Citadelles.
au plaisir de te croiser sur les sentiers.
Dav762207

Francis a dit…

Un grand plaisir pour moi de te retrouver sous le soleil audois.

Je suis juste "agacé" par les mots que tu utilises : "balade", "en touriste"!!!
Moi qui n'étais là ni en balade , ni en touriste, je n'ai pas pu accrocher ni suivre ta foulée !!!
Trop rapide, même au ralenti !

Steve a dit…

Beau récit comme d'hab. Le massif de Fontfroide est un terrain propice à nos balades "traillesques". La lecture de ta journée conforte l'idée que je me fais du trail maintenant :
Au delà du chrono, le plus important sont les rencontres et le plaisir de la nature.
Bon trail dimanche.

Samuel a dit…

Bravo pour ton récit. Ce sera sans doute la seule fois où je terminerai devant toi (de peu, mais moi non plus j'étais pas -trop- à fond, en pleine préparation de l'Ecotrail de Paris dans 3 semaines). Je t'ai croisé lorsque je descendais de la Croix de Fontfroide, mais je me suis dit "non, ça ne peut pas être le Michel des Citadelles". En fait si !
Belles photos, beau récit, pour un très beau trail.
Samuel

yvan a dit…

Bonne balade que tu as fait là.A faire un jour pour moi..
Vu ton niveau actuel, même en mode "touriste", tu avances pas mal...
Samedi,place au mode compet et là, çà va être dur de s'accrocher,même un peu ...;-)

trail des puechs a dit…

Salut Michel,
dis donc ça sentirait pas un peu le plan drague cette sortie ;-)
Content de voir que Francis avait remis le couvert.
Bonne bourre pour les pieds cloutés.
Will

steph a dit…

Belle rétrospective pour ce trail que j'affectionne tout particulièrement par sa convivialité et son concept.On a échangé quelques mots sur le parcours et je te souhaite bonne chance pour la suite.stéph

trail des puechs a dit…

Bon excuse moi pour mon commentaire précédent, un peu langue de peilhe (comme on dit chez nous) ...
J'avais pas compris que c'était ta façon de commémorer la journée de la femme. En tout cas bel hommage à toutes ces dames qu'on croise parfois sur les courses !!!

Jacques a dit…

Et dire que je te disais la veille, "a donf"...Sympa le récit!

Sentier Libre a dit…

Pas de souci William, il est possible que ton commentaire soit fondé ;-)