dimanche 15 novembre 2015

Boucle du Confluent 2015





J'étais  prêt. Un bon début de novembre avec deux victoires dans ma nouvelle catégorie de Master II, quelques jours de fatigue, mais tout semblait ok pour que j'aille chercher un chrono quelque part entre 36 et 37 minutes, ainsi qu'un podium catégorie.




J'avais trafiqué l'affiche de la course avec Speedy Gonzales, mon symbole de la vitesse en course, et vendredi soir j'avais affiché ce montage photo sur Facebook, avec le célébrissime braconneur de pinsons à la pelle. Avec ce donneur d'allure je ne pouvais que réaliser un bon chrono.
J'étais content de ma blague et elle semblait être une réussite au vu des commentaires. Et puis, et puis...





En déroulant le fil d'actualité sur Facebook je vois un lien vers un site d'actualités "Fusillades à Paris". Janvier est déjà loin, et peu à peu on a oublié.

Là ça recommence, en encore plus grave. Multiples attaques, beaucoup de morts. Je jette un oeil sur le match France-Allemagne qui continue normalement. J'en avais regardé le début, et entendu deux grosses explosions, suivies de hourras et de sifflets. Ambiance normale d'un stade, et pourtant.

 

Je zappe vers BFM TV, reviens vers la fin du match et l'émission spéciale, collé devant l'écran et l'horreur qui s'y déroule. On parle d'une prise d'otages au Bataclan. Sur Facebook des infos passent, le message d'un gars réfugié au premier étage de la salle de concert, qui parle des coups de feu qui se succèdent, et demande un assaut rapide (il est sorti vivant).
A l'écran les infos se concentrent peu à peu sur le Bataclan et ses environs. Les ambulances, les camions de pompiers circulent sans cesse.

L'heure avance, et l'assaut est donné. Des spectateurs sortent, et puis vient la confirmation de ce que l'on pouvait supposer au vu des témoignages qui circulaient sur Facebook, la découverte d'un vrai massacre à l’intérieur, de dizaines de corps.

Je pars me coucher, et malgré tout je trouverai le sommeil. Fin de l'horreur, début d'une nouvelle ère.


***


Le samedi l'incertitude règne sur ce qui aura lieu, ou pas. Des concerts sont annulés, d'autres non. La Boucle du Confluent attend la décision de la Préfecture, qui n'interdit rien, puis celle de la commune. Finalement la décision tombe :

"La Boucle du Confluent 2015 est annulée sur décision des autorités départementales et locales."

Je le comprends et ne le conteste pas, pour cette fois, mais la vie devra poursuivre son cours.









Alors en attendant des jours meilleurs, qui avant d'arriver en verront sans doute d'autres terribles, voici ce que j'ai écrit sur ma page après la commande de ces chaussures et qui illustre simplement ma façon de voir les choses :

Parce qu'une course a été annulée mais qu'il y en aura d'autres,
Parce que les soldes ne sont pas éternels,
Parce qu'il y aura d'autres attentats mais qu'ils ne nous empêcheront pas de vivre comme nous l'aimons,
Parce que le jour viendra où l'Etat Islamique et ses prédicateurs seront supprimés de la surface de la terre,
Pour continuer à vivre librement, intensément, passionnément.








jeudi 12 novembre 2015

Sentiers de la Malepère / Récompenses Défi Sud Trail's


Après le Trail des Orris, une bonne séance de fractionnés et avec un léger manque de sommeil, je n'étais pas au top pour aborder les Sentiers de la Malepère. Ajouté à cela que je ne connaissais pas les Master II locaux et que l'objectif restait le 10km du dimanche suivant, j'avais décidé avant le départ de ne pas me cramer outre mesure.
 
J'ai donc fait ma course, avec des moments de bataille où j'ai forcé, et d'autres où j'ai juste géré, sentant que je pouvais aller plus vite. Je me suis régalé sur ces 16km, alternant des parties très roulantes, d'autres sur de petits sentiers zigzagants dans les bois ou montant très fort, et encore de belles descentes dévalées à fond. Avec aucun supposé Master II repéré, je n'ai su le résultat qu'en franchisant la ligne, 19ème au classement général et 1er de ma catégorie. Une très belle surprise que cette nouvelle victoire.

 


Après un bon et long échauffement qui m'aura permis de reconnaitre le début du parcours qui est aussi la fin, je reviens juste à temps sur la ligne de départ, celui-ci étant donné par un élu sans aucun compte à rebours, surprenant tout le monde.
Je prends un bon rythme, laissant filer devant les plus rapides.


Tout le début est très roulant, et les places se font assez vite, je ferais toute la course à peu près avec les mêmes coureurs.




Après le roulant on aborde de jolis petits sentiers dans les bois. Première chute sans gravité pour moi, après avoir glissé bêtement sur quelques feuilles mortes. C'est vrai que je suis chaussé des Xodus qui adhèrent moins que les Ultra Raptor, mais le terrain est bien sec en ce mois de novembre printanier.


Pas question de me cramer dans les cotes non plus, et je marche dès que cela me semble nécessaire. Je passe au ravito du km6 sans m'arrêter, et je dévale à fond la très grande descente qui suit, sur une piste large et sans difficulté. Je crois avoir distancé mes compagnons du moment, mais ils réapparaissent dès l'attaque de la pente qui suit.


La chaleur étant bien là, j'enfile le buff sur la tête pour éviter toute la sueur qui me coule dans les yeux.
Et comme le ravito du km10 est le même que le précédent, il faut remonter tout ce que l'on vient de descendre, par d'autres sentiers. Je gère et je n'essaie pas de suivre les autres, m'économisant pour la suite du parcours et le dimanche suivant.



Au ravito je fais une pause rapide, le temps d'avaler un coca et de repartir avec un tuc.
Une belle descente par un petit sentier compose la suite du programme. Je n'essaie pas de foncer, toujours à l'économie.


On parcourt tout le début en sens inverse, quand même sur un bon rythme, avant d'aborder la dernière butte.


Le gars qui me suivait me dépasse et me largue, moi j'arrive à reprendre celui qui me précédait, et je m'inquiète d'un gars qui revient derrière moi et qui vu de loin pourrait être un Master II.


J'accélère donc un peu, mais malgré cela il me rejoint et me double. Impossible à suivre, mais ce n'est pas grave, j'ai pu voir qu'il n'était pas de ma catégorie.



Je finis quand même fort dans la dernière descente, pour avoir la bonne surprise sitôt la ligne franchie de voir sur le tableau d'affichage que je suis le premier M2.






Heureux !




 Je repars ensuite trottiner un peu sur le parcours, voir quelques arrivants, avant de retourner vers la salle pour la suite de l'après midi.
Je me change et profite de la bière offerte, en attendant l'heure de la remise des prix.







L'ambiance est très bonne, autour d'un deuxième demi, avant que je sois appelé sur le podium pour cette deuxième victoire catégorie en deux courses. 



 Je reste encore un peu ensuite, pour profiter un peu de l'apéro offert avec de quoi se refaire autour de pizzas et autres charcuteries. Je laisse ensuite les fêtards se préparer au repas et à la soirée, sans doute arrosée, qui vont suivre.





Le lendemain je rejoins Quillan pour mettre en place avec mes collègues organisateurs la remise des récompenses du Défi Sud Trail's.
Une autre belle journée, sans bling bling ni prise de tête, agréable et chaleureuse comme le sont les différentes courses du Défi.












Et puis cerise sur l'étagère aux trophées, j'ai reçu  une belle œuvre de la part de mes six collègues pour le travail effectué pour l'organisation du Défi, ainsi qu'Yvan pour son apport essentiel au niveau des calculs. 









Il reste maintenant à réussir le 10km, ce qui à ce jour (jeudi) ne semble pas si sûr avec de la fatigue accumulée. Je verrai bien, il y a plus essentiel dans la vie.



lundi 2 novembre 2015

Trail des Orris (Tour du Mouillet)



1er novembre 2015, une date importante puisque selon les règles de la FFA c'est là que changent les catégories. Me voici donc intégré à la tranche 50/60 ans (cette blague...) avec presque un an d'avance.
Et comme ça fait déjà un moment que je surveille les classements, je devrais normalement avoir de nombreuses occasions d'aller chercher ce podium Master II dans les mois qui viennent.



Pour commencer cette nouvelle ère, me voici donc au départ du Trail des Orris, version 11km 450m+
J'ai repéré en partie le parcours la veille pour savoir à quoi m'attendre et j'ai trouvé le tout plutôt roulant. Beaucoup de chemins, avec par endroits des pierres cachées sous les feuilles mortes, une montée qui peut se courir presque partout, une descente un poil technique, un parcours qui sera donc très rapide.

Le matin je retrouve sur place beaucoup d'amis et de connaissances pour une journée d'automne qui s'annonce très belle. Les organisateurs ont fait le plein, environ 150 coureurs sur ma course et 200 sur le 19km.



Je commence mon échauffement en allant me placer pour voir le 19km passer. Quelques encouragements et je repars en sens inverse, direction la voiture pour aller mettre mon habit de lumière.


Fin d'échauffement, tout semble ok. Pas de stratégie en vue, c'est court et il faudra essayer d'être à fond partout.




10h30 c'est le départ. Tranquille pour tous, puis le rythme s'accélère.


Je fais cette partie à côté de Berty, à une très bonne allure, environ à la 7ème place. Pas de cheveux blancs en vue, il ne doit pas y avoir de Master II près de moi.


Berty me distance ensuite dans la première montée où je gère un peu et passe en marche rapide par endroits. Je ne me fais pas doubler pour autant, donc tout va bien.


La suite se fait pendant un moment avec Esteban. On court bien, tout en se méfiant des rochers camouflés qui n'attendent que nos chevilles pour les tordre.
Je bois régulièrement, je croque même une pâte de fruits, tout en enchainant ces jolies parties aux couleurs automnales.


Toujours avec Esteban j'arrive à Gréoulou, environ à mi-parcours. Je m'arrête rapidement au ravito, le temps d'avaler une demi verre de Coca. Je repars derrière Esteban mais je marque un peu le coup et il me distance dans la légère montée en direction du haut du mur de Raissac. Le sentier est aussi plus technique, et je fais gaffe où je pose les pieds.










Je passe le point haut de la course au Cap de la Monge et bascule dans la descente. Prudent au début sur le tapis de feuilles mortes, j'envoie fort à l'approche de Tarthie où photographes et spectateurs se sont massés.
Je traverse la route et je continue à foncer sur le chemin qui est beaucoup plus facile.


Je croise la famille Suilhard judicieusement postée au soleil pour nous encourager, et tiens toujours un gros rythme avec personne en vue derrière moi.


Arrive une courte mais raide montée que je passe en marchant. J'avale une autre pâte de fruits, tout en me trouvant lent et un peu scotché au sentier. Je me méfie car ça peut revenir très vite derrière, mais il me faut un petit moment après ce raidillon pour retrouver à nouveau ma vitesse.


La veille durant la reco.


Je fonce à nouveau sur un bon rythme, ne voyant toujours personne derrière et essayant de conserver une marge confortable avant la descente où je sais que je vais perdre du temps. J'y arrive bientôt et comme prévu je l'aborde prudemment. Beaucoup de cailloux et aucune envie de me blesser.

A mi pente je me retourne et je vois la silhouette d'un coureur en haut. Aïe...
J'accélère un peu sur le bas beaucoup moins technique, mais quand je rejoins la large piste le coureur est revenu à moins de 100m de moi.


Il reste environ 1,5km et il ne me reste pas d'autre choix que de foncer. Les séances sur piste portent leurs fruits et je déroule à une très bonne allure. Malgré cela le coureur s'est encore rapproché de moi et me voyant me retourner il me crie quelque chose. Je ne comprends pas ce qu'il dit et ne sachant pas si c'est un Master II prêt à me piquer ma place je fonce encore plus.




J'effectue un final de folie, donnant tout et même plus. L'heure n'est plus à regarder si le sol est technique et parsemé de quelques pierres.





J'accélère encore et encore, arrivant à tenir mon poursuivant à quelques mètres. Une dernière épingle à négocier à fond, puis c'est la ligne d'arrivée enfin franchie.
Je me plie en deux sur la barrière, à bout de souffle, avant de m'apercevoir que c'est Julien qui était derrière moi. En fait il me criait de ne pas m'inquiéter pour ma place. Mais cela nous aura fait une belle séance de vitesse puisque d'après son gps on a envoyé un final à plus de 19km/h !
En tous cas objectif atteint pour moi, puisque je suis 9ème  et surtout 1er Master II, pour un parcours bouclé en 53'32". Mission accomplie !



Le temps de récupérer un peu, je pars ensuite sur le final du 19km, bien plus technique que le nôtre. J'y croise les coureurs dans la descente bien raide puis le sentier de crête, jusqu'à retrouver Yvan qui en termine.








Il ne m'a plus resté ensuite qu'à attendre l'heure de la remise des récompenses pour profiter de ce premier podium M2. Le moment a été sympathique même s'il manquait un peu de solennité et d'émotion, mais j'avais eu celle ci sitôt la ligne passée.


Pas de coupe pour marquer ce premier cap dans le monde des Masters II, cette magnifique casquette sera donc le symbole de ce moment sur ma prochaine étagère à trophées.

Pour ce qui est du trail, il est fort bien organisé avec un parcours de 11km roulant et très rapide, fait principalement de chemins. Le 19km doit être plus intéressant au niveau des sentiers, ne serait ce que par son final pas simple du tout. C'est en tous cas une belle course de plus dans notre coin.

***

Merci à tous ceux à qui j'ai piqué des photos pour illustrer ce récit. Personne cité, personne oublié.