dimanche 21 août 2011

- Montcalm 2011








Mi août je semble avoir récupéré de la Vuelta al Aneto, après quelques sorties en montagne qui se sont bien passées. Il y a un moment que j'ai envie de faire le Montcalm mais la proximité du challenge ou du GRP m'en avait empêché, et comme en plus je suis invité il n'y a pas de raison de ne pas y aller.




Je trouve sur place plusieurs connaissances de trail, dont certaines inattendues comme Francis. Je passe la soirée avec Jacques, remis lui aussi de l'Aneto, et nous partagerons la pasta party ensemble.





Comme l'atteste ma tête enthousiaste, je ne suis pas convaincu par la pasta party, par le service à table avec des plats à partager, ni par le contenu, que des crudités en entrée (bêêêh) et des pâtes moyennes. J'avais récupéré un ticket gratuitement autrement les 12€ me seraient restés un peu en travers.




Mais ce sera le seul point négatif d'une superbe organisation, donc cela reste minime.




La période est caniculaire mais la nuit est bonne dans le break. Au matin, il fait déjà chaud avant le départ vers 6h30...







Après trois visites aux toilettes et un court échauffement, je suis prêt.





Me voila détendu, en première ligne au départ, discutant avec Michel Rabat ou ici Pierre Laurent Viguier, futurs récompensés.




En bleu, mes temps estimés pour finir en 5h50 (d'après le site de la course).



A 7h c'est le départ, pour quelques kilomètres sur route en faux plat montant. Je laisse filer un groupe d'une vingtaine devant, laissons les cadors s'expliquer entre eux.

Juste derrière, je me retrouve avec Marc Villa, pote de Michel Rabat et président de la fédération de Skyrunning. On avance à un bon rythme tout en discutant, comme lors d'un footing, de nos expériences respectives sur l'Aneto et l'Andorre. Il me confirme la présence ici de Corinne Favre et on rigole en se disant que ce n'est pas normal qu'on soit devant elle.









Puis on quitte la route pour attaquer un sentier qui monte bien raide en lacets. Je grimpe fort, je suis en bonne forme et les jambes répondent bien.



Stéphanie Jimenez, première féminine, me rejoint et me dépasse. Un coup d'oeil derrière et je vois Corinne Favre pas très loin.





Après la grosse montée, nous voici sur le plat du canal carré avec des vues plongeantes sur la vallée et les montagnes qui nous attendent en face.






C'est très roulant et il faut garder un bon rythme. Certains me dépassent alors que je reviens un peu sur Stéphanie.




A la fin du plat, on aborde une montée sur route où je rejoins et dépasse Stéphanie.



Après cette première partie rapide, je suis au parking de l'Artigue en 1h02 quand mes prévisions donnaient 1h17 !





Suit une courte portion roulante avant d'attaquer la vraie grosse montée. Stéphanie revient et me dépasse, très efficace en côte. Je l'aurais longtemps en point de mire mais elle restera définitivement devant et remportera la course.


Ensuite c'est Luc Neppel qui passe et me sert de lièvre. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, il a quand même gagné le Trail Blanch ou la Course aux Etoiles avec Antoine Guillon. Donc je monte fort et ça va toujours bien.












A l'étang Sourd, je refais le plein de mon bidon, bataillant maintenant avec un jeune coureur que j'ai déjà côtoyé plusieurs fois, notamment sur la Course des Seigneurs. On va effectuer la montée ensemble, parlant un peu car il découvre ce secteur.




Puis c'est Corinne Favre qui nous dépasse, nous laissant progressivement sur place.











Je passe au refuge du Pinet toujours en forme, enchaînant les grosses montées en marche rapide et les rares parties roulantes en courant.










Je suis encouragé en plusieurs endroits, par des gens que je ne connais pas toujours, lecteurs du blog ou habitués des Citadelles. En tous cas, merci à vous.












Ici c'est Patrice qui m'encourage, photographe mais aussi organisateur de la Cascade d'Ars.











Passé le Pinet, le sentier continue à monter fort. Les passages auprès des étangs sont très jolis, mais le parcours devient de plus en plus technique. Ce n'est pas gênant en montée, ce le sera plus en descendant.









Après 2h52 de course, je croise Michel Rabat qui redescend déjà, avec une large avance sur le second.










Je monte toujours bien, nullement gêné par l'altitude à l'approche des 3000m. Je double un gars qui semble scotché au sentier et sous le col entre les pics je vois passer Stéphanie qui part vers la Pique d'Estats.








J'attaque la montée vers le Montcalm durant laquelle je croise Corinne. Elle m'encourage, sympa.








J'arrive au sommet du Montcalm, pointage rapide en 3h13, un peu d'eau salée pour alterner avec le Nutraperf de mon bidon et je repars. Le croisement avec ceux qui montent est vraiment sympa, je vois là Marc puis Pierre "Piloumontagne". On s'encourage mutuellement.










Je rejoins le col et attaque la courte et grosse montée vers l'Estats. Un peu de technique, un passage tracé dans les éboulis et c'est le pointage sous le sommet. J'y suis en 3h30 quand mes prévisions donnaient 4h, avec une belle 25ème place. Là était vraiment mon but, je sais que la descente bien trop casse gueule faussera le résultat final.












Le début se passe bien, un sentier bien tracé dans les éboulis, sans piège.











Les jambes vont toujours bien et je me fais plaisir dans ce début de descente.










Je croise Jacques, le temps d'échanger quelques mots et je continue à tracer.











Je continue à croiser et à saluer quelques coureurs connus, comme ici un gars de Quillan en même temps que je retrouve Francis.









Je conseille d'ailleurs la lecture de son récit Marathon du Montcalm, pour ses superbes photos et pour sa course vécue dans la douleur.










Pour moi et comme prévu, les choses se compliquent : le terrain devient de plus en plus technique et comme je n'ai aucune envie de me blesser maintenant ou de finir avec dos et genoux cassés dans quelques années, je descends prudemment et tranquillement.











Ce n'est pas génial pour le moral et je compte coureurs et coureuses qui me dépassent régulièrement. Il y en aura une bonne quinzaine entre les pics et l'Artigue.











Autant j'assure maintenant à peu près dans les descentes , même un peu techniques comme à la Clape, autant ici je ne peux rien faire. Isards bienvenus.










C'est donc à une petite allure que je descends, car même là où c'est moins technique je commence à manquer un peu de jus pour relancer vraiment. Plus l'habituel échauffement de la plante du pied gauche qui commence à me titiller.











J'alterne boisson de mon bidon, eau fraîche plate ou salée des ravitos, mais j'oublie un peu de manger sur le retour. Mais ce sera sans conséquence.









Après le Pinet, on retrouve enfin des sentiers plus abordables pour courir. Je descends donc un peu plus rapidement, m'arrêtant un peu plus bas pour refaire le plein du bidon.








Ca revient moins derrière moi, j'arrive à maintenir les distances, doublant même un coureur qui marche, ralenti par des crampes.












Il y a beaucoup d'espagnols sur la course, mais dans les bois je suis rejoins par une fille et un gars qui parlent une langue inconnue. Ils me dépassent et il me semble voir sur leur maillot "Slovénie", beau succès international pour la course.












Après avoir évité les quelques racines qui traînent sur les sentiers mais avoir pris quand même une belle gamelle (juste la main égratignée), j'arrive à l'Artigue. Pas mal de public ici et des encouragements venus d'eux ou de randonneurs qui font monter quelques vagues d'émotion.











Il me reste 9km et 50 minutes pour les parcourir et terminer sous les 6h. Sur le papier ce n'est pas insurmontable, d'autant plus que je prends plaisir à dérouler sur les parties de route, oubliant les cuisses et la plante du pied douloureux en descente.


















Mais on m'a averti, ce final n'est pas simple, alternance de parties de route, de chemins avec quelques cailloux et de petites bosses à monter.









Je me motive, le mental tourne à fond, je me demande d'envoyer comme si j'étais en tête, mais il y a peu de réponse de la part des jambes. Je suis cuit...



















En tous cas je me défonce et j'y prends du plaisir, oubliant l'Aneto et sa fin de course en mode rando rapide.










Encore loin de l 'arrivée et alors que mon chrono annonce 5h55, je comprends que c'est raté pour les 6h. Mais je fais encore travailler le mental, me forçant à ne pas ralentir, même si le but prévu est inatteignable.









De plus, dans la vallée il fait très chaud et je m'asperge la tête à chaque fois que je trouve un point d'eau ou sur les ravitos.










Et c'est comme ça que j'arrive sur le dernier kilomètre sur la route menant à Auzat. Je prends encore quelques bonnes doses d'émotion, en croisant des automobilistes qui m'encouragent ou sous les applaudissements des spectateurs placés le long du parcours.











J'arrive finalement sur la place en 6h06, pas très loin du but, exténué mais heureux de ma course. J'ai donné tout ce que j'ai pu et surtout effectué la belle montée que j'avais imaginée. Pour la descente, je savais que c'était perdu d'avance.











Il me faut plusieurs minutes pour revenir dans un état à peu près normal et plusieurs heures pour marcher sans boîter. Je vais d'ailleurs m'asseoir dans un petit bassin, espérant que ce bain dans l'eau fraîche m'évitera les courbatures des jours à venir.












Après ce petit bain, je vais d'abord prendre une douche puis faire une mini sieste, récupérant peu à peu. On soigne ensuite l'hydradation autour d'une bière, avant de passer à table. Rien à dire cette fois, le repas est varié et copieux, sympathique aussi avec un oeil sur les arrivées et la remise des prix.









C'est ainsi que nous voyons Francis en terminer après une grosse galère.












Le podium de ce premier championnat de France de Skyrunning, donc sans l'espagnol qui a terminé troisième.









Michel et Stéphanie, les premiers champions de France de cette discipline.









***








Que dire après ce beau we ? Je me suis régalé et à part pour la pasta que j'ai moins appréciée, j'ai découvert une superbe organisation, très bien rôdée, avec un nombre impressionnant de bénévoles dispersés dans la montagne.










L'ambiance y est bonne, le parcours est terrible, autant pour sa beauté que pour les qualités qu'il demande. Un piètre descendeur doit juste chercher d'autres motifs de satisfaction, ce que j'ai fait.









A recommander fortement et à aborder léger (petit bidon et quelques barres) au vu des ravitos très fréquents que l'on rencontre.









L'Ariège est belle.









***








Merci à tous ceux à qui j'ai piqué des photos, Kris de Running Mag, Patrice "Cascade d'Ars", Jacques, Francis, Julien et mes archives de la superbe sortie de 2010.








Et un grand salut à tous ceux croisés sur place.

***

A noter que si j'ai souvent de bons morceaux de rock en tête pendant mes courses, ici, sans doute inspiré par la présence de Coco Favre, c'est le morceau de merde Monsieur Sainte ni touche "Coco Chanel" qui tournait en moi, suivi d'un titre de Marc Lavoine.

Certainement l'effet déplorable du manque d'oxygénation du cerveau en altitude...










8 commentaires:

Julien Les Pïeds Cloutés a dit…

Oui l'Ariège est belle...dans ses sommets, ses vallées, ses villages, ses habitants,..., l'Ariège est belle et mérite d'être connue. Merci à toi de la partager avec nous tous. Encore bravo pour ta course et content que tu es bien récupéré ;)

Steve a dit…

Et une belle course de plus ! Belle année 2011 en montagne. reécupère bien et rdv au GRP de l'autre coté de l'objectif.

yvan a dit…

Bravo,belle perf en montée et quand même résultat global pas dégueu !!!!
Ce devait être mon objectif de l'été avant que je ne craque pour l'Aneto ( mieux placé au début de mes vacances).
En 2012 ?
Pense à souffler quand même un peu !;-)

Francis a dit…

Ton récit est à l'image de ta course :tout en accélération ! Et quelle capacité de récupération : quelques 3-4 semaines après un ultra, tu nous claques une belle perf ! Le Nutella aurait-il des propriétés particulières ?

Pilou a dit…

Bravo Michel pour ce reportage illustré de biens belles photos. Ce fut un plaisir de te revoir. Qui plus est dans les montagnes ! Porte toi bien. Pierre

jacovelo a dit…

Ce week-end a été très sympa; débuté par le sport et terminé par la fête...
Cette course est vraiment jolie et difficile.
Quant à l'Ariège, la diversité de ces paysages n'est que du plaisir à revivre sans cesse.
Et cette Ariège se situe en France, qui en bourrée de beaux et divers paysages.
J'espère être sur les Hospitaliers avec vous en octobre; prochaine étape pour moi le GR20 avec Altre Cime.
Ciao.

Anonyme a dit…

tres tres beau reçit qui me donne envie de le faire l'année prochaine mais il y a du boulot....

bonne récup ( oui je pense que les jambes font encore mal!)

Bertrand a dit…

Infatigable Michel!
Le jour J j'ai pensé à la course car en 2010 j'y aivais participé et le temps caniculaire était présent. Je pensais être monté vite (pour mon niveau!) mais tu m'as mis 17' dans la vue... (6h41 au total)
Encore bravo!