mercredi 3 juillet 2013

Ultra Trail Sobrarbe : Media Maratón



Côté France


Côté Espagne


Retour pour la troisième année consécutive à Ainsa pour l'Ultra Trail Sobrarbe. On s'y sent bien, on y revient.
Cette année, je suis engagé sur le format court, le media maratón, au départ parce que je pensais participer au Challenge des Trails du Sud Ouest toute l'année. Trop de courses longues et un manque de performance m'ayant fait revoir mes plans, ce format court correspond bien à mes futurs objectifs avec une forme revenue.

On se retrouve donc dès le vendredi pour un tour rapide dans la vieille ville d'Ainsa, joli coin et agréable pour y boire un demi (prononcer caña).


















Le retrait du dossard se passe bien, avec en cadeau une ceinture porte bidon et un petit sac à dos, tout ça pour un tarif d'engagement modeste. On est loin des prix d'inscription exorbitants que l'on trouve parfois en France. Je salue quelques rares connaissances et puis on repart boire une autre caña avant d'attaquer une pizza. Thomas arrivera tard, après la prise des photos souvenir.





Après une bonne nuit, je suis réveillé par la sono vers 5h30. L'heure du départ est proche. Je vais retrouver mes compagnons sur le stade avant d'assister au départ.






Ensuite, petit déjeuner puis préparation de mes affaires, celles pour la course, celles pour l'arrivée, tout ça pour prendre la navette à 8h. Celle ci  m'amène à Bielsa, km42 de l'ultra, et lieu de départ de ma course qui se déroulera sur les 23km et 1450m+ qui composent la fin de la course longue.












Je traîne un peu, je m'échauffe et pénètre dans le sas de départ 10 minutes avant le top.

A 10h ça  démarre et bonne surprise, pas trop vite. A part les deux premiers partis comme des avions, le top10 semble de suite accessible. Après un début roulant, j'attaque les premières pentes environ 8 ou 9ème. Ça monte fort, j 'alterne course et marche rapide et le tri se fait : je passe deux gars, puis je vais suivre pendant un bon moment un autre qui avance bien. 
Il va plus vite sur les rares parties planes ou légèrement descendantes, mais je monte légèrement plus vite. A ce jeu là, je finis par le doubler et petit à petit creuser un écart assez confortable.







Collado de la Cruz de Guardia en vue.






Tout le début de la montée s'est effectué à l'ombre , sur de jolis sentiers à travers bois. Je suis en forme, je monte facilement, tout va bien. Juste à déplorer une glissade avant la traversée d'un torrent, mais heureusement sans bobo.

Puis le sentier finit par quitter les bois et leur fraîcheur relative, pour aborder une partie à découvert, avec l'objectif du col de la Cruz de Guardia en vue. Derrière moi le panorama sur le Mont Perdu est magnifique et je me retourne plusieurs fois pour l'admirer. Je prends même quelques secondes pour faire une photo, l'occasion aussi de voir que derrière moi 2 ou 3 poursuivants ne sont pas très loin (une minute environ).











Je pousse toujours dans ces derniers mètres d'ascension qui m'amènent jusqu'au col, lieu de pointage et de ravito. Je rempli le bidon, avale une poignée de cacahuètes, sous les photos et les encouragements de Ramòn. Je repars aussitôt, sachant que dans la descente je serai sans doute repris.


Les photos de Ramòn










 Photo Francis

 Le début de la descente est facile, un bon sentier, des pâturages où je peux aller très vite. Aucune douleur, aucune fatigue, j'envoie et personne ne revient.


Photo Francis



Un peu plus bas le sentier se complique : il est étroit, longe murettes et vieilles granges, et des pierres sont cachées dans les hautes herbes. N'ayant pas envie de laisser une cheville ici, je suis prudent et donc plus lent.


Les paysages sont toujours très beaux et je prends le temps de temps de lever la tête pour les apprécier. Cette belle descente sur sentier m'amène sur une piste où je ne vois de balisage ni à droite, ni à gauche. Je pars à gauche, côté descendant, et je me vois déjà perdre ma 5ème place en m'égarant, ce qui est le risque pour une course où l'on doit suivre le balisage des sentiers de rando.
Je suis la piste sur un bon kilomètre, toujours rien, et après plusieurs lacets je retombe sur le balisage. Sauvé, mais j'ai peur d'avoir raté le pointage prévu dans  le secteur. Après un autre kilomètre, j'arrive dans le village où se situe le pointage. Cet écart aura été sans conséquence, je n'ai perdu ni gagné de place et après analyse de ma trace j'ai dû légèrement rallonger le parcours prévu.



Je repars de Serveto par un sentier montant où un vieux monsieur pose sa canne pour m'applaudir et me crier des "Venga, venga !".

Mais je commence à puiser, la chaleur se fait sentir et j'avance moins bien. Je me repose aussi un peu sur ma 5ème place qui semble acquise car je ne vois jamais personne derrière moi.


J'essaie de relancer dans cette petite côté , plus dure que ce que j'avais imaginé, puis sur le sentier en balcon qui contourne longuement les hauteurs de Plan , lieu d'arrivée visible en contrebas.






J'arrive ainsi au ravito de Gistain où je remets un peu d'eau dans le bidon. Les bénévoles me confirment que je suis 5ème.
J'en repars par une portion de route descendante où j'envoie bien, en me retournant de temps en temps pour voir que je ne suis toujours pas suivi.
Puis je prends un tout petit sentier, un peu plus technique, qui descend en direction de la plaine. Et tout à coup malheur, j'entends des pas derrière moi. J'accélère enfin mais il est trop tard, mon allure un peu nonchalante a fait que je suis rejoint. On traverse le petit village ensemble et je demande en mauvais espagnol si il y a d'autres coureurs derrière. Mon doubleur m'annonce des poursuivants à environ trois minutes.


Arrivé sur le plat qui nous mène vers l'arrivée, je suis incapable de le suivre mais je tiens un bon rythme pour éviter le retour d'autres coureurs. J'arrive à tenir et j'en termine ainsi à une belle 6ème place.
J'aurais mis 3h09 pour parcourir ces 24km et 1450md.

Pour l'anecdote, je pense être premier parmi les coureurs ayant le matériel obligatoire, car devant moi c'était ceinture et porte bidon.


Il est temps de récupérer le t-shirt "Allegador" et de manger et boire pour se refaire. Je passerai un petit moment bien fatigué, avant que la douche froide et le bon repas me remettent sur pied.














Je vais ensuite retrouver los amigos, Thomas qui a stoppé au maratòn, Thierry que j'ai le plaisir de voir arriver au bout de l'ultra, Romain qui a passé le maratòn puis a abandonné sur vomissements, puis en fin d'après midi Florence et Francis qui terminent main dans la main.

Tout cet après midi s'étant déroulé assis dans l'herbe avec bière gratuite et bonne musique diffusée par la sono.













Après un second repas partagé avec eux et un retour dans le bus navette, nous irons profiter de la chaleur de la soirée autour d'une glace et une nouvelle caña.

Après le debriefing du matin, nous partirons heureux chacun de notre côté.
Pour ma part, n'étant pas trop fatigué et ayant envie de profiter du secteur, j'irais effectuer une courte rando au départ du fond de la vallée de Pineta. Un coin dont on m'avait vanté la beauté il y a bien longtemps, avec raison.
















Devant le Mont Perdu.



Et puis les meilleures choses ayant une fin, j 'ai repassé les Pyrénées dans l'autre sens.

Mais cette course est tellement bien à tous points de vue, organisation, ambiance, parcours, que je serai sans doute là dans un an pour apprécier à nouveau tout cela.



7 commentaires:

Christophe a dit…

6eme en prenant des photos: bravo! Cela donne envie cette balade ibérique...

Yvan a dit…

Bien joué ! C'est un peu dommage pour la 5e place mais bon, en échange on a droit à de belles photos !
Evidemment déja noté à l'agenda 2014.

Francis a dit…

Prendre des photos à la volée sans les rater et sans trop perdre de temps, rester concentré sur sa course et décrocher une 6ème place : moi je dis simplement chapeau !
Et pour l'avant-après course, c'était bien sympa même si pour ma part, j'étais un peu à l'ouest le samedi soir!

Steve a dit…

Toujours aussi brûlant ce SOBRARBE. Je vois que tu tiens la forme, ta seconde partie de saison s'annonce chaude elle aussi !

filou a dit…

Merci pour votre reportage. Je m'en suis fait l'écho ici : http://sco.lt/5Ur1OL

Cordialement

Philippe

les 3 Vents a dit…

bravoooo!!!

thierry bourianne a dit…

Bravo pour ta course mais aussi pour les photos, tout est réussi. Merci de m'avoir donné l'envie de passer les Pyrénées pour ce magnifique trail.
à bientôt